Le serrage en tension se standardise dans l’industrie

Extrait d’un article paru en Juin 2018 dans Arts et Métiers Magazine :
L’industrie vit aujourd’hui un changement conceptuel majeur dans le domaine des assemblages mécaniques. Le serrage au couple, méthode traditionnelle de serrage des assemblages mécaniques, est en passe de devenir obsolète. Si vous n’avez pas encore jeté votre clé dynamométrique, c’est votre dernière chance…

Le serrage en tension, reconnu et déjà adopté par les plus grands noms de l’industrie mondiale, se standardise. Outre les gains évidents en performance et en précision qu’elle fournit, cette méthode ouvre à de nouveaux usages dans le domaine du serrage. Par exemple, il est maintenant possible de suivre le serrage d’un assemblage dans le temps.
Nous pouvons à présent surveiller le comportement d’un assemblage vissé en temps réel. Et sur le long terme, il est aisé de suivre la vie d’un assemblage vissé sur plusieurs années; une aubaine pour les services qualité et de maintenance. Ainsi, des applications innovantes voient le jour. Ce glissement conceptuel implique aussi la définition de nouveaux usages dans nos usines, l’utilisation d’outils de serrage innovants et change profondément notre manière de concevoir les assemblages.
Parmi les acteurs de ce changement, la société TRAXX, entreprise française spécialisée dans la conception de différents systèmes de mesure de tension de serrage (dont l’actuel TRAXX-M2 et ses variantes). Cette entreprise est devenu un acteur majeur dans le domaine du serrage des assemblages vissés en proposant des systèmes de mesure de serrage très performants et une offre de services associés de grande qualité.
Parmi ces services, le serrage en tension complet d’un assemblage vissé. Cela consiste à monter un assemblage en tension en asservissant l’outil de serrage (clé, tendeur hydraulique, etc) à la mesure de la tension de serrage induite dans le boulon.
C’est ainsi qu’ont été montés récemment le banc d’essai de turboréacteurs d’Istres ainsi que les turbines à gaz GE 7HA et 9HA.
Dans le premier cas, le banc d’essai d’Istres, l’ensemble de la structure a été serré à la tension, soit 200 tiges filetées tendues à 700 kN avec une précision de 4 %. Ici, un des avantages de raisonner en tension est qu’il est aisé de suivre l’évolution des assemblages dans le temps en contrôlant la tension présente dans les tiges après un an, cinq ans, dix ans. Une vraie garantie pour l’avenir.
Dans le deuxième cas, les turbines à gaz General Electric 7HA et 9HA (500MW) sont assemblées à l’aide du système TRAXX-M2 et du TMS ( Tightening management software).
Ce logiciel intégré au TRAXX-M2 permet de piloter le serrage en tension de la structure pas à pas et d’accompagner en temps réel les opérateurs qui effectuent l’opération d’assemblage. Véritable logiciel de gestion des opérations de serrage en tension, le TMS permet d’organiser et de maîtriser le montage d’assemblages vissés.
Ces deux exemples nous permettent d’envisager le potentiel et l’universalité de cette méthode.
Méthode qui a déjà conquis les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, de l’énergie et du transport et qui ne finit pas de nous surprendre.